
L'assurance habitation en Espagne ne fonctionne pas comme en France ou en Belgique. Beaucoup d'expatriés souscrivent un contrat en pensant être couverts — et découvrent les trous dans la garantie au moment du sinistre. Voici les cinq erreurs les plus fréquentes que nous rencontrons, et comment les éviter.
Si vous vivez dans un appartement ou dans un bien situé au sein d'une copropriété (comunidad de propietarios), celle-ci dispose d'une assurance collective de l'immeuble. Beaucoup d'expatriés supposent qu'elle couvre leur logement : ce n'est pas le cas.
Le contrat de la copropriété couvre uniquement les éléments structurels communs : la toiture, les murs extérieurs, les cages d'escalier, les ascenseurs, les parties communes et la plomberie collective jusqu'au point où elle entre chez vous. Tout ce qui se trouve à partir des murs vers l'intérieur — cloisons, revêtements de sol, sanitaires, cuisine, plomberie intérieure et l'ensemble de vos biens — relève de VOTRE responsabilité.
Ce qu'il faut faire : souscrire votre propre assurance habitation couvrant l'intérieur de votre logement (ce que l'on appelle le continente privativo) ainsi que votre contenu. Demandez à l'administrateur de la copropriété une copie du contrat collectif afin que votre courtier puisse repérer les éventuelles lacunes.
La plupart des gens sous-estiment nettement la valeur de remplacement de leurs biens. Il faut calculer ce qu'il en coûterait de remplacer l'ensemble de vos affaires — non pas ce que vous les avez payées, mais leur coût de remplacement à neuf aujourd'hui.
Un appartement type de deux chambres contient souvent entre 15 000 € et 25 000 € de biens. Une villa meublée atteint facilement 40 000 € à 60 000 €. En cas de sous-assurance, les assureurs espagnols appliquent la règle proportionnelle (regla proporcional) : ils réduisent l'indemnisation à proportion de la sous-assurance. Assurez 15 000 € alors que votre contenu en vaut 30 000 € et vous ne percevrez peut-être que 50 % de l'indemnité.
Ce qu'il faut faire : passez chaque pièce en revue et estimez les coûts de remplacement. N'oubliez ni les vêtements, ni les ustensiles de cuisine, ni l'électronique, ni le mobilier de jardin. Nous fournissons une liste de contrôle pour vous y aider.
Si votre bien espagnol est une résidence secondaire qui reste vide pendant des mois, votre contrat standard comporte probablement une clause d'inoccupation — elle prévoit en général que le logement ne doit pas rester inhabité plus de 30 à 60 jours consécutifs. Si une canalisation cède et inonde votre logement pendant une absence de trois mois alors que votre contrat fixe une limite de 30 jours, le sinistre peut être refusé.
Ce qu'il faut faire : précisez à votre courtier qu'il s'agit d'une résidence secondaire. Nous recherchons des contrats spécifiquement conçus pour les longues périodes d'inoccupation : ils coûtent un peu plus cher, mais ils indemnisent vraiment le jour où vous en avez besoin.
En Espagne, si votre bien cause un dommage à un voisin — le cas le plus fréquent étant une fuite d'eau chez vous qui endommage le logement du dessous — vous en êtes personnellement responsable. Les dégâts des eaux entre voisins (siniestros de agua entre vecinos) constituent le sinistre habitation le plus fréquent d'Espagne.
Beaucoup de contrats de base n'incluent que 150 000 € de responsabilité civile. Une fuite importante endommageant plusieurs logements situés en dessous (dans un immeuble de plusieurs étages) peut dépasser ce montant. Des sinistres de 50 000 € à plus de 100 000 € pour les dégâts causés au logement, au mobilier et aux finitions d'un voisin ne sont pas rares.
Ce qu'il faut faire : veillez à ce que votre responsabilité civile soit d'au moins 300 000 €. Si vous habitez un immeuble de plusieurs étages, envisagez 600 000 €. L'écart de cotisation est minime — souvent de 20 € à 40 € de plus par an.
En réalité, il s'agit d'une erreur inverse : les gens croient devoir s'en préoccuper, alors que non. En Espagne, les événements naturels extraordinaires (inondations, séismes, épisodes de DANA) sont automatiquement couverts par le Consorcio de Compensación de Seguros, un organisme assureur adossé à l'État. Une petite surprime prélevée sur chaque contrat d'assurance habitation finance cette couverture. Vous n'avez PAS besoin de souscrire une assurance inondation ou tempête distincte.
En revanche, vous DEVEZ disposer d'un contrat d'assurance habitation en vigueur : le Consorcio n'indemnise que par l'intermédiaire de votre assureur. Pas de contrat, pas de couverture du Consorcio.
Ce qu'il faut faire : assurez-vous simplement d'avoir une assurance habitation à jour. La couverture du Consorcio est automatique.
Le point commun de toutes ces erreurs est toujours le même : des contrats souscrits sans conseil d'expert, souvent via un comparateur espagnol où les clauses sont rédigées en espagnol et où les subtilités échappent au souscripteur. Travailler avec un courtier francophone qui connaît à la fois le marché espagnol de l'assurance et les besoins particuliers des expatriés élimine ces risques.
Vous souhaitez que nous examinions votre contrat actuel ? Envoyez-nous vos informations — nous vérifierons les lacunes et vous dirons si vous êtes correctement couvert. Sans frais et sans engagement.
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